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Les nombres complexes

Un nombre complexe est un nombre de la forme z=a+ib, où a et b sont réels et où i est un nombre imaginaire vérifiant i2=1. Cette seule convention suffit à donner une solution à toute équation du second degré, et fournit un langage d'une efficacité remarquable pour décrire les transformations du plan.

Mis à jour le

Dans le plan complexe, le module d'un nombre est sa distance à l'origine et son argument l'angle qu'il forme avec l'axe des réels. Programme de 2ème Bac sciences physiques, semestre 2.

À la fin de ce chapitre, vous saurez

  • Maîtriser les opérations sous forme algébrique, y compris l'inverse et le quotient
  • Calculer le module et un argument d'un nombre complexe
  • Passer de la forme algébrique à la forme trigonométrique et exponentielle
  • Résoudre dans ℂ une équation du second degré à coefficients réels
  • Interpréter géométriquement module, argument et opérations

PrérequisLe calcul trigonométrique et le cercle trigonométrique · Les vecteurs et le repère orthonormé du plan · Les identités remarquables et le discriminant du second degré

L'ensemble ℂ et la forme algébrique

Définition

Nombre complexe : Il existe un ensemble noté C, contenant R, muni d'une addition et d'une multiplication prolongeant celles de R, et contenant un élément i tel que i2=1. Tout élément z de C s'écrit de manière unique sous la forme z=a+ib avec a,bR.

Le réel a est la partie réelle de z, notée Re(z) ; le réel b est sa partie imaginaire, notée Im(z). Attention : la partie imaginaire est un nombre réel, elle ne contient pas le i.

Propriété

Égalité de deux complexes

Deux nombres complexes sont égaux si et seulement s'ils ont la même partie réelle et la même partie imaginaire. En particulier, z=0    Re(z)=0 et Im(z)=0.

Définition

Conjugué : Le conjugué de z=a+ib est zˉ=aib. Il vérifie zzˉ=a2+b2, qui est un réel positif.

Propriété

Propriétés du conjugué

z+z=zˉ+z, zz=zˉz, (zz)=zˉz et zˉˉ=z. De plus zR    zˉ=z, et z est imaginaire pur     zˉ=z.

Méthode

Calculer un quotient sous forme algébrique

  1. Multiplier le numérateur et le dénominateur par le conjugué du dénominateur.
  2. Le dénominateur devient zz=a2+b2, un réel.
  3. Développer le numérateur en utilisant i2=1.
  4. Séparer partie réelle et partie imaginaire.

Exemple

Écrire z=3+i12i sous forme algébrique.

  1. On multiplie haut et bas par 1+2i : z=(3+i)(1+2i)(12i)(1+2i).
  2. Dénominateur : 12+22=5.
  3. Numérateur : 3+6i+i+2i2=3+7i2=1+7i.
  4. Donc z=1+7i5=15+75i.
Dans le plan complexe, le module d'un nombre est sa distance à l'origine et son argument l'angle qu'il forme avec l'axe des réels. Programme de 2ème Bac sciences physiques, semestre 2.

Module et argument

Définition

Module : Le module de z=a+ib est le réel positif z=a2+b2. Si M est le point d'affixe z, alors z=OM : le module est la distance à l'origine.

Propriété

Propriétés du module

z=0    z=0 ; zz=zz ; zz=zz ; zn=zn ; zˉ=z et zzˉ=z2.

Définition

Argument : Pour z0, un argument de z est une mesure θ de l'angle orienté (u;OM), où M est le point d'affixe z. On note arg(z)θ [2π].

cosθ=azetsinθ=bz
Le système qui détermine un argument. Les deux équations sont nécessaires : le cosinus seul laisse deux possibilités.

Attention

Le nombre 0 n'a pas d'argument, car aucun angle n'est défini pour le vecteur nul. Un argument n'est par ailleurs défini que modulo 2π.

Forme trigonométrique et forme exponentielle

Propriété

Les trois écritures d'un même nombre

Tout complexe non nul z de module r et d'argument θ s'écrit z=a+ib (forme algébrique), z=r(cosθ+isinθ) (forme trigonométrique) et z=reiθ (forme exponentielle).

eiθ=cosθ+isinθ
La notation d'Euler. Elle transforme les produits d'angles en sommes d'exposants.

Propriété

Règles de calcul en forme exponentielle

reiθ×reiθ=rrei(θ+θ) ; reiθreiθ=rrei(θθ) ; et la formule de Moivre : (reiθ)n=rneinθ.

Passer à la forme exponentielle

Écrire z=1+i3 sous forme trigonométrique puis exponentielle.

  1. Module : z=12+(3)2=4=2.
  2. Argument : cosθ=12 et sinθ=32, donc θ=π3.
  3. Forme trigonométrique : z=2(cosπ3+isinπ3).
  4. Forme exponentielle : z=2eiπ/3.

Remarque

La forme exponentielle est celle qu'il faut privilégier pour toute puissance : calculer (1+i3)12 par la forme algébrique est très long, alors que (2eiπ/3)12=212e4iπ=4096 est immédiat.

Équation du second degré à coefficients réels

Propriété

Résolution dans ℂ

Soit az2+bz+c=0 avec a,b,c réels et a0, de discriminant Δ=b24ac. Si Δ0, les solutions sont réelles. Si Δ<0, l'équation admet deux solutions complexes conjuguées : z1,2=b±iΔ2a.

Exemple

Résoudre dans C l'équation z22z+5=0.

  1. Δ=(2)24×1×5=420=16, strictement négatif.
  2. Δ=16=4.
  3. Les solutions sont z1=2+4i2=1+2i et z2=24i2=12i.
  4. Elles sont bien conjuguées l'une de l'autre.

Interprétation géométrique

Propriété

Distances et angles

Si A et B ont pour affixes zA et zB, alors AB=zBzA. Et pour quatre points distincts, arg(zDzCzBzA) est une mesure de l'angle entre AB et CD.

Condition sur les affixesInterprétation géométrique
zCzAzBzARA, B, C sont alignés
zCzAzBzA imaginaire pur(AB) et (AC) sont perpendiculaires
zCzAzBzA=1AB=AC : le triangle est isocèle en A
zz0=rM décrit le cercle de centre Ω(z0) et de rayon r
Traduire une condition géométrique en condition sur les affixes est le cœur des exercices de l'examen national.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un nombre complexe ?

Un nombre complexe est un nombre de la forme z=a+ib, où a et b sont des nombres réels et où i vérifie i2=1. L'ensemble des nombres complexes, noté C, contient l'ensemble des réels et permet de résoudre toutes les équations du second degré.

Comment calculer le module d'un nombre complexe ?

Le module de z=a+ib vaut z=a2+b2. Géométriquement, c'est la distance entre l'origine du repère et le point d'affixe z.

Comment mettre un nombre complexe sous forme exponentielle ?

On calcule d'abord le module r=z, puis un argument θ en résolvant simultanément cosθ=ar et sinθ=br. Le nombre s'écrit alors z=reiθ.

Comment résoudre une équation du second degré à discriminant négatif ?

Lorsque Δ<0, on remplace Δ par iΔ. Les deux solutions sont alors z1,2=b±iΔ2a, et elles sont toujours conjuguées l'une de l'autre lorsque les coefficients sont réels.

À quoi servent les nombres complexes en géométrie ?

Ils permettent de traduire distances et angles en calculs algébriques : AB=zBzA, et l'argument du quotient zCzAzBzA donne l'angle en A. Un quotient réel signale un alignement, un quotient imaginaire pur une perpendicularité.

Exercices corrigés

4 exercices classés du plus simple au plus difficile. Cherchez d'abord seul, puis révélez la correction rédigée étape par étape.

Exercice 1

Facile

Écrire sous forme algébrique : a. (2+3i)(1i) ; b. 2i3+i ; c. i2026.

Correction

a. (2+3i)(1i)=22i+3i3i2=2+i+3=5+i.

b. On multiplie par le conjugué 3i : le dénominateur devient 32+12=10, et le numérateur (2i)(3i)=62i3i+i2=55i.

2i3+i=55i10=1212i

c. Les puissances de i sont périodiques de période 4. Comme 2026=4×506+2, on a i2026=i2=1.

Exercice 2

Moyen

Soit z=3+i. Calculer z, déterminer un argument de z, puis écrire z sous forme exponentielle. En déduire z6.

Correction

Module : z=(3)2+12=3+1=2.

Argument : cosθ=32 et sinθ=12. Le cosinus est négatif et le sinus positif : θ est dans le deuxième quadrant, donc θ=5π6.

z=2ei5π6

D'après la formule de Moivre : z6=26ei×6×5π6=64e5iπ.

Or 5ππ [2π], donc e5iπ=eiπ=1. Finalement z6=64.

Exercice 3

Moyen

Résoudre dans C : a. z2+4z+13=0 ; b. 2z22z+1=0.

Correction

a. Δ=1652=36, donc Δ=6. Les solutions sont z=4±6i2, soit z1=2+3i et z2=23i.

b. Δ=48=4, donc Δ=2. Les solutions sont z=2±2i4, soit z1=1+i2 et z2=1i2.

Exercice 4

Difficile

Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct. On considère les points A, B et C d'affixes respectives zA=1+i, zB=4+2i et zC=2i.

  1. Calculer AB et AC.
  2. Calculer le nombre complexe Z=zCzAzBzA.
  3. En déduire la nature précise du triangle ABC.

Correction

1. zBzA=(4+2i)(1+i)=3+i, donc AB=3+i=9+1=10.

zCzA=2i(1+i)=1+i, donc AC=1+i=1+1=2.

2. On calcule le quotient en multipliant par le conjugué :

Z=1+i3+i=(1+i)(3i)10=3+i+3ii210=2+4i10=1+2i5

3. Z n'est ni réel ni imaginaire pur : les points ne sont donc ni alignés, ni tels que (AB)(AC).

De plus Z=ACAB=210=151, donc le triangle n'est pas isocèle en A.

Vérifions enfin le troisième côté : zCzB=2i(4+2i)=4, donc BC=4. Comme AB2+AC2=10+2=1216=BC2, le triangle n'est pas non plus rectangle en A.

Les trois côtés 10, 2 et 4 étant deux à deux distincts et la réciproque de Pythagore ne s'appliquant pour aucun sommet, le triangle ABC est quelconque.